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J+2, aujourd’hui, toda esta aqui, mais alors toda…

2 octobre 2014 | Par Nicolas Lesaint

Brume, brume, brume ce matin, ambiance coton et boules Quies pour reprendre le ramassage des raisins et recevoir, pour une journée, le système Winery de chez Pellenc.
Ambiance boules Quies certes, mais est-ce dû à ce voile brumeux ne permettant pas de voir très loin ou plutôt au Ban des vendanges d’hier soir modèle maison, du type concert de Détroit… Je me le demande… Toujours est-il qu’on me siffle un peu quand même dans les oreilles ce matin. Finies les mélodies calmes, maintenant on se lance, on reste désinvolte et on écoute les trips et les noises…

Alors à 6h50, la bestiole arrive.
Après avoir tout mesuré bien évidemment la semaine dernière et avoir constaté que tout s’adaptait parfaitement à notre réception en un coup de cuillère à pot, on la présente et forcément, là ça ne passe plus… D’autant plus que oui les rehausses sont prévues mais Roger c’est pas toi qui les a prises ? Ben non Raymond c’est Brigitte qui m’a dit que tu t’en chargeais… Bon ben elles sont restées à Pauillac alors, ça va faire loin pour les avoir à 9h…
Alors, on change tout, on déplace, on adapte on sort les palettes magiques pour mettre tout à niveau et just in time pour le premier plateau qui arrive déjà.

En fait, le système on le connaît bien sur les machines, mais en poste fixe. Il fallait que l’on sache si c’était adapté à un changement futur. Il existe d’autres systèmes tout à fait performants pour remplacer les érafloirs “classiques” maintenant dépassés dans le respect de l’éraflage que l’on souhaite faire.
Ce choix futur se fera donc sur plusieurs années. L’année prochaine on sait déjà que le Cube de SOCMA sera testé.

Donc pas trop de surprises, si ce n’est la grande simplicité de réglage et d’utilisation. Ça rebondit, ça roule, ça traverse les fameux rouleaux trieurs et ça part ensuite dans notre système habituel. Le vrai test en fait ce sont les trieurs humains eux-mêmes en bout de chaîne… Et là, ils sont conquis, donc c’est un bon point pour ce joujou.


L’équipe de coupeurs quant à elle est de nouveau-là, fidèle au poste, contente d’apprendre que demain aussi ils vont travailler, pensez-vous, deux jours d’affilés, quelle aubaine… Mais après, on s’arrête pour reprendre, ben, je sais pas encore quand…

Petite pause à 10 h, café maison puis reprise pour achever de remplir à midi les deux cuves tronconiques du premier lot de Balthus. C’est beau, c’est sain, le tri se veut serré sur le flétri, on n’en veut pas ici, bon OK, la consigne absence de feuilles qui ne me semble pourtant pas surhumaine me demande quand même trois rappels à l’ordre.
Malgré une petite panne intempestive et une crevaison histoire, tout le monde reste bien sur la brèche, ce fut une jolie matinée.
Un beau tri à 14.3 en potentiel, un pH proche de 3.5 et un malique à 1.5, que demander de plus quand on a le sentiment que les tanins mûrs sont au rendez-vous ?


Après, mon humeur s’est un peu flétrie elle aussi mais pas à cause d’un manque de Magnésium ou si, peut-être chez certains de mes interlocuteurs.
Au bout de deux journées de ramassage et exactement neuf heures de travail, un petit groupe se forme et à sa tête Germaine la Rouge, mobilisant ses troupes discrètement et exigeant auprès de mes chefs d’équipe de changer les heures de travail de toute la troupe et ainsi de reprendre à 13h au lieu de 13h30, parce que, parce que et bien parce que ça arrange madame aujourd’hui, voilà…
Je rêve, on est en France, j’ai frôlé l’incident syndical et un blocage total des bâtiments, le ton y était, avec même peut-être menace de tout faire sauter au bout d’une journée et demie !!! Bon, je vous passerai la réponse toute diplomatique que j’ai utilisée pour expliquer à Germaine que la requête était malencontreusement non recevable aujourd’hui et qu’il fallait faire un courrier à la direction validée par le grand patron pour envisager l’éventualité d’ouvrir un débat sur le sujet…

Des fois on aime la machine à vendanger à un point que vous ne pouvez même pas imaginer.

Alors, cet après-midi, il fait chaud, très chaud, certains ne sont pas heureux, ça parle un peu moins dans les rangs et la vendange arrive plus lentement au chai. Dommage, mais que voulez vous, le patronat noir que je représente a refusé le dialogue… Rendez-vous demain pour compter les absents…

Ce soir l’ensemble des cuves est au frais voire même très au frais pour le Balthus.
Les cagettes pour demain sont en place, il ne reste plus qu’à laver la réception et la bestiole en particulier mais le système est à vrai dire assez bien pensé il faut le reconnaître.

Maintenant, il ne faut pas perdre l’influx, rester concentré, demain est un autre jour, je repars une dernière fois dans mon Ban d’hier soir, vous aussi puisez-y l’énergie suffisante pour les vendanges à venir.
Nicolas.

Commentaires(2)


  1. Choisit-on et parfois à notre insu des gens qui nous ressemblent? Après moult années à embaucher des forces vives force m’est de constater que les déboires rencontrés révélaient des parties secrètes de ma personne, les bonnes comme les mauvaises. J’étais plein de failles et chaque choix ne tarderait pas à l’exposer. Le rapport patron employé est un lieu foutoir, on y retrouve toutes les toiles tissées de notre enfance, (aux patrons mal définis..) nos craintes et nos désirs…Il n’y a jamais de victoire au sortir d’un conflit, peut-être juste la possibilité de se connaître un peu davantage, de mieux naviguer au travers des rencontres à venir. Mais allez, les jours qui viennent sont bleus, la brume va s’estomper et les chants reprendre…c’est ce que je te souhaite, vous souhaite à tous.
    sébastien


  2. Je resterai donc désinvolte la prochaine fois :o) mais comme disait l’autre, “quand on te parle avec du feu, répond avec de l’eau”

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