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Bien au chaud dans la foule

10 décembre 2014 | Par Nicolas Lesaint
(Illustration Ltomato)
Les quinze derniers jours passés auront été plutôt intenses…
Pas comme des vendanges, pas comme un sprint de saison où vous cherchez à rattraper un timing cultural qui vous a échappé à un moment, mais plutôt comme un cross régulier sans véritable arrêt tout au long du trajet pour reprendre son souffle.
D’abord ce fut Paris avec le Grand Tasting, puis Bordeaux avec Vinitech, ses exposants, ses bouchons pour y aller et en revenir, ses nouveautés et ses rencontres tous les dix mètres qui forcément, même si elles sont très agréables, modifient quelque peu votre timing initial.
Alors, le lendemain, vous y retournez dans l’espoir secret de réussir à atteindre ce fameux stand que vous avez repéré il y a quelques jours sur internet. Et alors “emporté par la foule qui s’élance et qui danse une folle farandole je suis emporté au loin et je crispe les poings maudissant la foule qui me vole l’intercep qu’elle m’avait donné et que je n’ai jamais retrouvé…”
 
Vous ramez, zigzagant, tentant un passage à droite puis à gauche de l’allée pour vous retrouver percuté par trois hommes volubiles coiffés de magnifiques chapeaux de cow-boys en paille estampillés d’une marque inconnue de produits d’entretien.
Reculant de cinq pas “la foule vous traîne vous entraîne écrasés l’un contre l’autre je ne forme plus qu’un seul corps avec mon voisin d’allée et le flot sans effort nous pousse, enchaînés l’un contre l’autre et nous laisse tous deux épanouis, enivrés et heureux sur le stand d’un tonnelier affectueux…”
 
Et passe le flot, la marée humaine tourbillonnante, montant puis descendant entre les cris des démonstrateurs et marchants du temple tentant d’accrocher la foule. Toujours accompagnés de jolies pépètes charmantes et compétentes dans l’art d’aiguiller les individus récalcitrants cherchant à monter à contre courant…
 
On regarde à droite, à gauche croisant les regards parfois désabusés de marcheurs en pleine noyade humaine, les yeux rougis par les fumées de restaurants montés à toute hâte et n’ayant pas forcément pensé que grillades rimaient avec fumée et que bâtiment fermé n’était pas toujours avec ventilation adaptée…
 
Alors retenant sa respiration et se pinçant le nez on replonge en se fixant comme objectif l’allée périphérique voisine et la porte machin pour atteindre le stand 43? dont vous rêvez depuis une heure…
“Et j’entends dans la musique les cris, les rires qui éclatent et rebondissent autour de moi et perdu parmi ces gens qui me bousculent étourdi désemparé je reste là quand soudain je me retourne, il se recule et la foule vient me jeter entre ses bras… Le stand est là!!” 
 
Donc ce fut une bataille permanente contre des éléments revêches et mes reins en ont souffert. Mais malgré tout j’aime bien aller déambuler dans ce salon de la technologie ne serait ce que pour glaner quelques idées et titiller la tendance du moment.
Bien sûr j’ai croisé les Golgoths, évidemment j’ai pu admirer une quantité impressionnante d’outils divers et variés et admirer le savoir recevoir des stands de tonneliers, mais j’ai bien vu aussi que certains fournisseurs se sentant “haut de gamme” triaient sur le volet l’intérêt qu’ils acceptaient de donner aux visiteurs en fonction de leurs têtes… Petite médaille d’or pour certains fournisseurs de cuves de Grands Crus libournais…
 
Bref, passons puisque déjà l’ultime étape de la semaine se dessinait à l’horizon. Personne ne pouvant ignorer que dimanche nous faisions nos portes ouvertes de fin d’année. Deuxième édition et le sentiment de mieux contrôler la situation.
 
Dimanche matin, grand soleil !! C’est normal vous me direz on l’avait commandé spécialement pour la journée.
Tout le monde était là et déjà rien que pour cela j’estime que la journée a été réussie. De l’échange, de l’entre-aide du plaisir évident de se trouver ensemble et d’avancer d’un même pas, un peu comme un premier jour de vendange… Une petite dernière accélération quand même avant dix heures et puis voilà ça y est c’est le premier groupe qui est là…
Vers onze heures une vague humaine de 175 personnes nous emportent contre nos cuves et déjà il me semble réentendre Edith dans mes oreilles…
Mais là, pas pareil, on est chez nous, entre nous, et on gère : “entraînés par la foule qui s’élance et qui danse une folle farandole nos mains restent soudées et parfois soulevés nos corps enlacés s’envolent et retombent tous deux épanouis, enivrés et heureux un verre de Grand vin à la main…”
 
A trois heures c’est un deuxième Tsunami qui arrive “et la joie éclaboussée par ses sourires me transperce et rejaillit au fond de moi, mais soudain je pousse un cri parmi les rires quand la foule vient arracher d’entre mes bras ma dernière bouteille de Balthus…”
 
A dix neuf heures nous sommes tous là, entre nous, voix éraillées, sourires aux lèvres, Champagne en main, nous avons réussi à transmettre notre passion à plus de six cent visiteurs. Huit à neuf visites chacun à raison de neuf personnes pouvant faire visiter, 175 commandes dont les trois quarts sont des nouveaux clients…
Et les réseaux sociaux qui nous renvoient des photos et des messages de plaisir et de joie !!
 
On referme tout, on échange encore quelques impressions et quelques commentaires de visiteurs surpris par ce cadre. Ils ont aimé nos Rouges ils ont adoré notre Blanc. Voilà, rien que ça m’aide à ne plus sentir mes reins douloureux.
Prochain objectif, trouver du miel, ça tombe bien il y a en avait à vendre aujourd’hui, et encore et toujours remercier tout ceux qui se sont donnés à fond pour que cette journée soit réussie.
 
 
Demain soir M. Vatelot sera là et déjà une nouvelle présentation de nos vins et une réception est prévue le soir…
 
Faire connaître nos vins, expliquer d’où ils viennent, montrer combien le cadre est indispensable à la réussite, faire toucher du doigt l’esprit d’équipe que l’on construit au quotidien, je suis content et heureux que l’on ait pu le faire.
 
Promis, l’année prochaine on remet ça avec quelques améliorations auxquelles on a déjà pensé…
 
Et puis de toute manière je l’ai bien compris il ne faut pas forcément avoir peur de la foule, il faut juste savoir se fondre en elle comme on apprivoise ses peurs et alors, au chaud entre ses bras on écoute plus que la musique qui nous berçant amène nos pas au bon endroit, là où l’on doit être.
Et dimanche, c’est à Reignac qu’elle nous menait.
 
 


Nicolas

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