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SKAKANPAA……

28 janvier 2015 | Par Nicolas Lesaint

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(Image Shaka ponk)

Qu’est-ce que c’est qu’un viticulteur ? A quels critères ça peut bien répondre une bestiole comme celle-là ? Un béret, un bob vissé sur le front, un pantalon troué et usé de toute part parce qu’il a été un trop utilisé le tout agrémenté , vin diou, d’un magnifique C15? Ou alors un d’jeune branché avec une coupe à faire rougir un joueur de foot professionnel, slim aux pattes, Converses aux pieds avec une jolie paire d’enceintes dernier cri bien fixées autour du cou ? Quelle peut bien être la tendance actuelle pour cette faune de noctambules agriculteurs qui passent leurs hivers à admirer la boue qui leur colle aux bottes ?

Forcément on se dit qu’une telle profession qui reste un des principaux postes de rentrées de devises pour la nation doit être en plein essor avec des campagnes publicitaires motivantes montrant combien il est important de conserver ce lien privilégié avec la Nature et que la jeunesse d’aujourd’hui, force de demain, doit être motivée par nos dirigeants et nos institutions pour qu’économiquement tout le monde s’y retrouve. “Engagez-vous qu’ils disaient vous verrez des pieds de vignes ! Un travail motivant, des revenus confortables, une reconnaissance par la nation et l’administration de vos efforts et de vos sacrifices, bref vous êtes les forces vives “we need you!” venez en prendre pour trente ans vous ne verrez pas le temps passer…”

Sauf que voilà, voilà, voilà, les choses ne sont pas aussi simples que cela. L’alcool c’est mal pouahhhhhhh, le travail manuel c’est pas valorisant bouhhhhhhh et en plus vous ne gagnerez pas beaucoup d’argent si vous n’avez pas la chance de vous trouver dans le CAT40 des grands crus.

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Résultat, plus ça va moins ça va….. Aujourd’hui en Gironde 20% des employeurs concentrent désormais les 3/4 de la masse salariale et la profession est à un niveau de vieillissement jamais atteint. Notre jeunesse s’en va ou plutôt ne vient plus dans nos vignes, plus intéressée, plus convaincue par l’intérêt d’une telle profession. Normal vous me direz lorsque l’on voit toutes les contraintes mises en place par notre réglementation. Et puis après tout une disparition de la petite exploitation viticole au profit des très gros groupes c’est peut-être ce que certains sponsors souhaitent au fond d’eux c’est d’ailleurs ce que nous laisse gentiment entendre Alain Rigaud président de l’ANPAA interviewé par Antonin Lommi-Amunategui de No Wine Is Innocent à propos des problèmes de publicité sur le vin “Je suis à peu près persuadé que dans vingt ans, il y aura une concentration des exploitations, et moins il y aura d’exploitants, plus la viticulture va devenir industrielle, moins ces questions seront vives…” Et à sa question “Les taxes, les règles, ça se passerait mieux si la majorité de la viticulture était industrialisée ,” sa réponse fut tout simplement : “Oui”……

A partir de là, forcément on peut se dire que finalement tout va bien dans notre profession et qu’au bout du compte notre gouvernement va arriver là où il veut aller…. Ah bon il ne sait pas vraiment où il va ? Vous croyez ?

Et puis vient le coup de grâce, le point final à tout cela, l’argument irréfutable après lequel plus rien n’est à dire tellement la vérité se fait jour et oui merci à vous ami Alain ce soir vous m’avez sauvé de l’alcoolisme je pars vite à la pharmacie prendre mon cubi quotidien : “Oui, mais le vin est plus toxique que les anxiolytiques… Je ne veux pas défendre ces médicaments, qui ne sont pas non plus des bonbons, mais il peut y avoir pour les médicaments un usage prescrit et raisonné. Le vin, c’est de la chimie emballée derrière l’œnologie, les produits naturels, la vigne… Il y a des gens qui fument du cannabis qui vont dire : « Vous voyez, c’est de l’herbe, c’est naturel, c’est écologique. ”

Forcément à partir de là je cherche encore la porte d’entrée d’un dialogue constructif…

S’en suit une vision claire et précise de notre métier de truand et de vendeur de misère, nous les croquemorts du pays les passeurs de seringues en forme de flute à Champagne ou de verre INAO expliquant parfaitement la tendance humaine du terrain à se désintéressé de notre métier. Les gros doivent grossir, ils seront plus dociles et les petits, ben les petits de toute manière ils sont petits alors pourquoi en tenir compte, ils vont disparaître et tout se passera beaucoup mieux.

Lisez ce billet d’Antonin, cette interview très bien faite et vraiment révélatrice du pourquoi tant de haine d’une structure qui nous empêche de faire notre travail, promouvoir nos vins et tout simplement vivre en expliquant la beauté d’un métier qui existait bien avant que la jolie plaque mise en place en bas de ce bel immeuble siège de l’ANPAA soit mise en place et porte de mignon petit slogan : “Alcool, drogue en vente libre”.

Pourtant la consommation d’alcool n’est pas qu’un acte culturel chez l’homme, c’est aussi une propriété physiologique ayant favorisé l’apparition de notre espèce ( ICI ) , Alors vous voyez bien Alain, on peut pas lutter, c’est comme ça on est des grands singes et puis c’est tout. Et c’est pas à un jeune singe comme moi qu’on apprend à faire la grimace… A mon voisin papi singe viticulteur lui non-plus d’ailleurs.

Nicolas.

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