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Je veux être Walter !

29 janvier 2015 | Par Nicolas Lesaint

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Oser la démesure, oser un pas en avant qui chamboulerait tout ce qu’on a fait avant, lâcher la rambarde et avancer d’une enjambée désinvolte pour comprendre que finalement nous ne sommes fait que d’a priori, de craintes, d’envies refoulées et de peurs du lendemain. Comprendre que parfois sortir des chemins battus peut permettre une ouverture du cerveau comme on en avait pas imaginé la possibilité. Comprendre que finalement au fur et à mesure des journées passées quelques chose s’est cassé, hier. Une certaine ingénuité, une fraicheur de pensée, une envie d’avancer dans un chemin étroit mais forcément beau puisque justifié par le respect du travail bien fait. Un indicible changement d’axe qui d’un point de vue franc et sincère a basculé vers une attention et une crainte de tous les instants en faveur d’un je ne sais quoi d’impersonnel et de restrictif. Une répression sournoise, un nouveau garde fou qui nous retient et nous met à la portée du frein moteur des regrets de n’avoir pas su lâcher tout ça. Un coup bien placé, un rappel à l’élève du fond de la classe qui, même s’il est un peu poète, ne doit pas oublier que désormais la peur au ventre il la connaitra, quand le téléphone sonnera et qu’on lui dira…

En trois semaines la bascule s’est faite. Murir, grandir professionnellement ? Ou tout simplement redescendre sur terre et constater qu’en fait tout est fragile ? Situation cocasse de l’expliquant sincère ou du monsieur patate difforme et incapable d’être perçu et aidé par un visage froid, binaire et dénué d’expression compatissante.

Être un Walter Mitty, un créatif intérieur qui enfin se révèlerait en partant, sac au dos, affronter l’imprévu sans limites, sans bornes et sans contraintes ou peut-être uniquement celles d’oser et de se sentir bien.

Un avant et un après.

Une acceptation ou un refus.

Un point de bascule à intégrer et à jauger pour qu’au final on choisisse sa direction à prendre.

Une journée au chaud, garde malade de ma petite fleur pour intégrer la chose, réfléchir, comprendre, se raisonner, avancer et prendre du recul par rapport à tout cela. Perdre sa naïveté, avoir la sensation de ne plus voir que les contraintes et les risques engagés et se demander si cela en vaut la peine. Devenir enfin adulte à quarante trois ans ? Rester enfant et continuer la poésie du vin en gardant en tête qu’à vouloir trop s’approcher du soleil on peut voir certains rayons vous décrocher des flèches violentes ? Regarder devant, derrière et compter, comptabiliser le temps passé et les plaisirs accumulés.

Entendre des notes, voir les partitions à venir et les vins possibles au milieu de tout cela. Continuer à canaliser, à fédérer, à aimer, à convaincre, à montrer, à démontrer, à survoler, à toucher, à goûter, à aimer de nouveau, à écouter, à comprendre, à aider, à créer pour retrouver ce qui au début, au tout début de l’histoire vous avait poussé à lâcher cette fameuse rambarde galvanisée du premier étage de votre vie.

Alors le chemin se fera, “ça aussi ça passera, ça aussi”… Et demain sera un autre jour, le blues du viticulteur poète qui d’un coup redescend sur terre et s’enfonce un peu trop dans son sol mais qui du coup lui retransmet le pourquoi originel de sa passion.

Vivre, grandir, subir, tomber de haut, avancer, lâcher des rambardes, en saisir d’autres, s’écouter, se comprendre, capter l’ensemble des choses et malgré tout se dire qu’on est bien là où on est mais que évidemment la naïveté restera pour les faibles qui dans un dernier effort et malgré tout continueront à voir de la beauté dans toute chose.

Et de la beauté j’en ai vu ces derniers temps chez nous, alors merci à vous qui m’entourez au quotidien dans mon travail, merci d’avoir des coudes qui se serrent des sourires aux lèvres et des angoisses égales aux miennes, merci d’unir tout cela et de choisir, tout comme moi, de continuer à aimer ce que l’on fait et de garder notre part d’humanité. Rien que pour cela je viens de grandir d’un coup, je suis Walter Mitty, super héro et vaste poète, créateur de possibles et résolument investi d’une envie d’être à la hauteur de ses envies, de ses besoins, de sa vie.

Nicolas.

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