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Pretty Nico, walking down the street…

1 mai 2015 | Par Nicolas Lesaint

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Voilà ça y est, je suis Julia Roberts !

Si si, je vous le dis, je suis Julia, enfin, disons plutôt que je sais désormais ce que ça fait d’être Julia Roberts dans Pretty woman. Le fantasme absolu, parait-il, de toute femme pouvant déambuler dans les magasins de vêtements et choisir ce qu’elle veut, comme elle veut, en snobant même la vendeuse qui la prend pour une cruche. Et puis il y a le beau Richard, l’homme parfait, admiratif de sa bien aimée et qui dit oui à tout, tout sourire, conquis par la belle et prêt à tout pour ses beaux yeux. Bon, mon vendeur à moi il s’appelle Jean-Christophe, c’est un gros barbu qui désormais je l’ai bien compris, même s’il est très compétent dans son domaine a vraiment perdu l’étincelle dans l’œil lorsqu’il me parle des objets de mon désir… Il m’en parle, en fait il les attrape du bout des doigts et il les dispose sur le chariot. Enfin plutôt les chariots parce que voyez-vous aujourd’hui je me balade dans cette jardinerie et je dis, ça je prends, ça aussi, et puis ça, non pas ça, plutôt celle-là et puis j’en veux dix comme ça… Et voilà un puis deux puis trois puis quatre chariots remplis de plantes multicolores de toutes tailles et de toutes odeurs. Parce que le truc est bien là les odeurs, les goûts et les parfums des plantes…

Parce que voyez-vous tout Nicolas Roberts que je suis désormais devenu, mon but est bien particulier et s’il est jalousement, égoïstement jouissif pour le passionné de botanique que je suis il est aussi collectif et participatif, du moins j’espère qu’il va le devenir.

A force d’être le nez dans la prairie, la tête relevée à admirer les plantes en contre-plongées, je me suis mis à les cultiver, à les bichonner, à les associer pour créer des ambiances, des mondes, des histoires. J’adore cela pour le côté créatif que je peux ainsi assouvir et pour le calme que cela me procure. Alors des plantes au vin il n’y a qu’un pas puisque ce sont les deux axes qui aiguillent ma vie. Depuis longtemps j’ai voulu associer les deux. Depuis de nombreuses années mon esprit avait tricoté quelques idées saugrenues pour y arriver et de tout cela était apparu un jardin des senteurs constitué de plantes dont les arômes et les goûts pouvaient se retrouver dans les vins. C’est en 2010 tout d’abord que ce premier jet a été posé sur le papier cartographiant les parterres et ciblant les espèces intéressantes mais celui-ci n’a pas vu le jour. Trop tôt, trop d’autres choses à faire avant tout cela, déjà faire ses propres preuves à Reignac.

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Et puis cet hiver, avec la monté en puissance que l’on essaie d’insuffler à Reignac,  le désir de valoriser davantage la propriété, l’idée ayant fait son chemin, elle m’est revenue tel un boomerang. Et si on le faisait ce jardin des senteurs et si on proposait grâce à lui une meilleure sensibilisation des visiteurs aux arômes qu’ils peuvent trouver dans nos vins ou même dans les autres vins. Ouvrir des discussions, créer des échanges sur ces satanés arômes que l’on connait, mais si je le connais, mais ça sent quoi, non non ne dit rien je vais trouver, je vais trouver, oui c’est ça, c’est exactement ça !!!

Donc cet hiver j’ai ressorti tous mes carnets, j’ai dépoussiéré mes plans et tout repensé puisque cette fois-ci l’emplacement était trouvé, logiquement situé dans le potager du château, à côté de notre serre. Ce jardin se présentera sous la forme de quatre carrés regroupant les grandes familles de plantes offrant soit par leurs odeurs soit par leurs aspects soit par leurs goûts une partie infime des arômes que l’on peut trouver dans les vins blancs et les vins rouges. Bien sûr, il est impossible d’y mettre tout, forcément il a fallu faire des choix par rapport à la taille des carrés puisque ce seront des carrés de quatre mètres sur trois.

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Le premier regroupera les notes végétales et florales pour des vins blancs, le second les notes acidulées et florales, le troisième dédié au rouge regroupera des notes épicées et camphrées et enfin le dernier les notes fruitées et florales pour des vins rouges. Une quarantaine d’espèces et prêt de 250 plantes entre celles trouvées en jardineries et celles que j’ai pu multiplier dans mon petit jardin personnel.

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Ce soir on va dire que 90% des espèces sont en place, ne reste plus que le fameux Arbre Pompadour (Calycantus floridus) et son odeur de vin on va dire évolué, les fenouils bronzes forcément pour les notes anisées, les géraniums sauvages (robertianum) et leurs notes poivrées et quelques lys qui se font espérer. Mon dos m’envoie des signaux comme quoi je n’ai plus vingt ans et mes tendons rotuliens me brûlent mais j’ai le sourire aux lèvres et c’est bien là l’essentiel.

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Bon les filles soyez douces avec toutes ces jeunes pousses, ne leur tirez pas trop sur la couenne et attendez un peu qu’elles soient quand même plus gaillardes pour que nos visiteurs puissent faire travailler leurs méninges et identifier chacune de ces odeurs. Et alors fières de vous vous pourrez leur dire : “Prenez et goûtez-en tous car ceci est notre jardin imaginé pour vous et pour que votre corps apprécie encore un peu plus la dégustation qui vous attend…”  ;-)

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Nicolas.

Commentaires(1)

  1. Leogite Christian


    Une idée géniale d’associer les plantes aromatiques cultivées dans votre jardin aux divers arômes contenus dans les sublimes nectares que sont les Balthus et les Reignacs, lors des dégustations dans le magnifique pigeonnier.

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