Le blog

de REIGNAC

Shares

Première journée: un je ne sais quoi de pourquoi pas

14 septembre 2015 | Par Nicolas Lesaint

11988458_526530374166011_8931274169346048080_n

Levé tôt, trop tôt. Même si cela fait déjà plusieurs heures que mes yeux sont ouverts et que mes pupilles tournent autour de la pièce. Parce qu’en fait à une heure du mat je ne dormais toujours pas et qu’après… Non plus…

La nuit fut plutôt un ballet cérébral incessant cherchant à retracer le chemin à parcourir, j’ai oublié ceci, il faut penser à cela, ne pas oublier d’appeler telle personne, garder ce rythme-là… Les draps collent et les minutes glissent dans un mikado infernal.

Une heure du mat, deux heures du mat, ça y est, maintenant il se met à pleuvoir sur le velux…

Tant pis, je n’attends pas l’ami réveil, je le décale juste de quelques heures pour ma douce dont le souffle indique un éloignement dimensionnel profond. Je me lève, marche de latte en latte en évitant des craquements que je connais par cœur.

Sans m’en rendre compte je suis déjà dehors, à la fois chez moi et là-bas, nez en l’air, mains dans les poches et cerveau en voyage. je roule, je roule et plane dans une nuit éclairée de phares et de monstres mécaniques tout droit sortis d’univers de science-fiction à faire claquer des dents. Machines infernales sillonnant la campagne toujours accompagnées d’un ou deux engins tirant leurs remorques sœurs. Ça court autour de moi d’une activité de fourmis, amassant, stockant dans des nids le travail d’une année comme pour prévoir l’hiver à venir, celui qu’il va falloir affronter et traverser sans encombre. Sentiment d’être un insecte, d’être là, commandé par un instinct qui dirige un groupe et pousse les corps vers un seul objectif, tout mettre à l’abri. Mais cette année le temps est avec nous semble-t-il même si je sais déjà que ce week-end 12 petits millimètres sont tombés sur Reignac… Après tout, c’est bien, pas de quoi faire éclater des baies et puis pas la moindre trace de l’ami barbu à l’horizon…

IMAG4023_1

Arrivé sur place les tracteurs ont déjà démarré et les premières rotations commencent. Distribution des cagettes que les coupeurs utiliseront tout à l’heure. Deux par fond toutes les deux ou trois piquetées, cela dépend. J’aime ce moment, cette ferveur à la fois mélangée à de la tension parce que tout à l’heure tout devra tourner comme une belle mécanique. Les sourires sont là, on a tous envie de démarrer même si l’on sait bien que trop souvent démarrage rime avec pannes. Tu as tout vérifié tout testé mais une fois de plus la panne n’arrive que lorsque tu te sers de l’outil, alors on croise les doigts…

Les saisonniers arrivent, petit discours de bienvenue, rappel des règles internes, présentation des chefs d’équipe, blablabla, il m’en manque déjà cinq…

Bon, ça ira quand même, c’était un peu prévu. Au démarrage on mène 17 rangs puis douze une fois que les porteurs commencent à ramasser et que les trieurs sont partis au chai. C’est joli, c’est sain et apparemment côté rendement on est dans les clous de l’objectif choisi, 40 à 45hl/ha de vendange pour au final se situé proche des 35hl/ha de vin fini.

Encore deux ou trois gouttes puis c’est le vent qui vient travailler avec nous, comme si le ciel voulait s’excuser d’avoir mouillé des fonds travaillés tout l’été et que maintenant il voulait nous aider à rentrer la vendange.

Au chai la fourmilière s’active entre déplacement des derniers lots de 2014 parce que la précocité du millésime nous a mis un peu dedans et le premier bourdonnement de cascade de la première cuve qui se remplit par vagues successives. La lettre A est de nouveau placardée sur le premier lot de l’année !!!! On commence l’alphabet du millésime…

11999013_526573290828386_6340195987433155656_n

Les premières cagettes arrivent, la bascule se fait et le rythme se met en place. Objectif de la journée, 120 hl de vendange à rentrer. Démarrage du Flotatrie, pour l’instant juste pour nettoyer, pas encore de jus dans le chai et en plus cette vendange n’a pas vraiment besoin d’un tri densimétrique très poussé, on verra pour la suite mais déjà c’est assez surprenant de constater ce que l’on sort simplement pas flotation dans un bain à 11 degrés probables. Lorsque l’on cumule cela à un simple nettoyage vendange entière par un passage sur table vibrante ajourée on imaginerait pas avoir tout cela dans des grappes aussi belles. Comme quoi l’œil seul n’est pas toujours capable de tout voir.

IMAG4028

Comme chaque millésime doit nous apprendre quelques petites choses, cette année, à la vue de certaines rafles rouges sur une zone bien précise l’envie nous est venue d’essayer d’en garder une partie. Pourquoi ? Ben en fait on sait pas trop, un sentiment de possible, un je ne sais quoi de pourquoi pas, alors c’est parti, on garde 10% de rafles sur cette première cuve et j’en suis certain, on va avoir plein de nouvelles petites infos qui vont nous la faire souvent déguster cette cuve là. La A ! La première, celle-là je crois qu’on va vraiment l’aimer, un petit côté sentimental qui m’attache déjà à elle.

En fait l’inquiétude du moment reste plutôt la météo à venir. Celle d’aujourd’hui et de demain ne nous fera aucun mal, celle de mercredi en revanche pourrait être capable d’accélérer les choses. Déjà sur le week-end certaines zones médocaines ont reçues 65 mm, on parle mercredi de 60 mm sur le libournais et pour nous ce serait 40 mm… Alors prions tous ensemble pour que l’effet Bec d’Ambès nous protège encore. Qui vivra verra. De toute façon on n’y peut rien, on subit, on s’adapte et on avance, voilà tout.

Demain c’est Balthus qui pointe son nez et déjà les cagettes volent pour que dès huit heures demain tout soit prêt.

Cette fois-ci tout est bel et bien parti, les dés sont lancés pour ces premiers raisins. On arrête là le potentiel de ce que l’on pourra en tirer. A nous de savoir chanter au pied de la cuve pour que de tout cela sorte quelque chose qui nous plaise vraiment.

La première journée s’achève, déjà 2.8 ha de rentrés… Plus que 65…

“Je sais, HAUTES-PYRENEES !!!”

Pardon c’était un réflexe…

Bonne soirée et à demain pour de nouvelles aventures :-)

Ah oui au fait, un jour de vendange, une musique, Where is my mind ? En vendange !!!!!!!

Nicolas.

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :


  • Contact
  • Boutique
  • Vidéos
  • Blog
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Youtube
  • Instagram
  • Tripadvisor