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Nous les gelés du printemps.

12 juin 2017 | Par Nicolas Lesaint

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Voilà quatre jours que je nage en eaux troubles, défoncé, asséché, gelé, brûlé par un virus venu de je ne sais où et qui finalement malgré une cure habituelle en vitamine C et en magnésium a réussi à trouver la faille. Déjà, jeudi matin, c’était pas vraiment ça, mais vaille que vaille j’ai tenu bon, trop de choses à faire, trop de chantiers en route entre mise en bouteilles, traitements, toitures, maçons, arrosage automatique, électriciens, entreprise de climatisation et petites façons de toute façon c’était pas possible que ça arrive…

Erreur, grossière erreur…

Non, non, fallait tenir parce que surtout dans les vignes le travail est totalement délirant, trop de pampres avec déjà deux voire trois passages dans certaines pièces et des relevages qui s’étalent, s’étalent, s’étalent avec toutes les hauteurs possibles et imaginables qui font que voilà, à peine achevée on a déjà envie d’y revenir… Mais comment faire sur 75 hectares ??? Alors on pare au plus pressé, alors on court dans tous les sens pour prioriser, prioriser ce sera le mot de 2017, pour espérer traverser cette tempête de juin que nous affrontons nous les gelés du printemps.

Alors confiant j’avais, début de semaine dernière, déposé une offre à Pôle Emploi en me disant que ça allait aller très vite vue la situation de la région avec le gel… Mais vendredi matin entre deux claquements de dents seulement deux pauvres réponses, deux… Acceptées d’entrée forcément et peu importe le profil du personnage je prends, je prends… Mais lâchant la barre à midi en totale déconfiture j’étais malgré tout serein, persuadé d’avoir fait les choses essentielles au vignoble pour un rattrapage de cette vigne folle.

Les brumes de ma fièvre ont étouffé toutes mes peurs et mes angoisses, bien obligé que j’étais à m’autocentrer et à penser à ce corps de vieux plié en quatre pour atteindre sa bouteille d’eau salvatrice à l’autre bout de la table de nuit. Trois jours de plus en apnée, grillant ou grelottant pour finalement me retrouver lundi dans un vignoble dont on aurait l’impression que la semaine de travail précédente s’est achevée au mercredi… Ce qui a été relevé, est déjà à repasser, et ce qui était encore trop limite est en total affalement au sol… Et les pampres, nom d’un chien, elles étaient pas comme ça il y a une semaine !! Qu’est-ce qu’il se passe, mais qu’est-ce qu’il se passe ? Et les parcelles qui n’ont pas gelées qui elles sont à jour et sont déjà au stade petit pois et devraient être en plein échardage sous peine de blessures des baies… Tout faire partout et en même temps de temps que d’habitude… Jamais connu ça.

Rajoutez à cela les arrêts maladies de tractoristes trop spécialisés pour l’entreprise pour être facilement remplaçables et voilà vous avez là un magnifique cocktail détonnant pour être à la ramasse complète.

Alors oui tu cours tu rampes tu y vas avec les dents serrées mais quand tu te retournes et tu as l’impression de n’avoir fait que traverser un mur d’eau les choses deviennent difficiles psychologiquement.

Et toujours pas de réponse de Pôle Emploi…

La France est malade et son système aussi, trop de chômage, pas assez de travail et personne qui répond en pleine saison à un travail de petites façons ou si, des jeunes de 18 ans qui passant leur bac veulent venir en juillet, pourquoi pas mais c’est MAINTENANT qu’il nous faut du monde. Vous voulez travailler ? J’ai ce qu’il vous faut, vous voulez vivre du système de Paul ? Allez-y, continuez, le soleil chauffe en ce moment.

Alors il va falloir quitter le système et passer outre pour en revenir à un Bon coin ou au canal parallèle, mais attention si cela marche mieux comme on me le susurre du coin de l’oreille cela voudrait dire que le système de Paul est mauvais parce qu’il diffuse mal les offres et empêche cette mise en réseau?

Chaque année c’est pareil, chaque millésime cela m’énerve mais là cela me met la tête sous l’eau.

Passer à l’intérim ? Pas les moyens.

Faire venir des portugais ou des roumains et c’est se lancer dans la gestion d’un hébergement où l’on sait qu’à tout moment on pourra se faire allumer parce que le nombre de micro-ondes ou la taille des armoires ne sera pas reconnue comme conforme par notre administration ? Non merci je l’ai vécu de près à une époque pas si lointaine, très peu pour moi.

J’ose croire que le problème est purement organisationnel et dépend d’une connectique qui ne se fait pas, les liens ne s’établissent pas, je n’ose imaginer que les bras, les jambes et la volonté n’existent plus…

En attendant, la vigne est folle, totalement… Chaleur, humidité au sol, heureusement pour le moment le mildiou nous laisse tranquille c’est déjà ça.

Alors j’ouvre toutes les pistes, toutes les voies possibles et imaginables pour éviter d’accentuer le retard que j’ai pris à trop attendre le réveil du système habituel.

Le téléphone sonne…

C’est un jeune disponible ?

Oui demain.

Des copains intéressés ?

Oui ils cherchent… Mais ils cherchent où nom d’un chien !!!

Nicolas.

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