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La bascule du calendrier…

12 juillet 2017 | Par Nicolas Lesaint

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Le cap de la bascule du calendrier sur mon bureau est franchi. Comme un repère à l’avancement des travaux, un moment où l’on sait que voilà le plus dur est fait, les palissages doivent être au plus haut de leurs pointes pour que désormais tout s’oriente sur l’effeuillage et les vendanges vertes…

Mais voilà je retourne mon calendrier sous-main et les années se suivent et ne se ressemblent pas, c’est indéniable. Rendus au 12 juillet nous en sommes toujours à relever des vignes folles qui rampent dans tous les sens. C’est même le cinquième relevage dans certaines parcelles gelées partiellement en avril. Le désordre, le chaos même parfois et le sentiment souvent d’être passé à côté des repères habituels pour réussir à se faire mettre la tête dans le baquet comme ça.

Je pense n’avoir jamais vu autour de moi, que ce soit sur notre commune ou sur les autres que j’ai pu traverser, autant de parcelles de vignes en coma totalement dépassé et ce même chez des viticulteurs que je connais pour toujours être aux petits oignons pour leurs ceps. Les 100 derniers millimètres de la semaine passée ont certainement aidé en cela écrasant des leveuses qui toujours en attente du levage définitif restaient souvent sans agrafes entre piquets.

Les fortes chaleurs, l’humidité ambiante, le besoin pour la vigne de rattraper son retard suite au gel, font qu’une fois de plus la bombe verte a éclaté, mais avec une force décuplée obligeant tout le monde à désorganiser ses chantiers habituels et trop souvent à passer d’une hiérarchisation végétative classique à une priorisation guerrière gérée au coup par coup après des tours et des détours dans le vignoble. Décider et changer de décisions dix minutes plus tard aura forcément fait partie intégrante de 2017.

Passer aussi certainement pour un indécis baladant de droite et de gauche les équipes avec forcément bien souvent une logique de travail très personnelle ne permettant pas à tout le monde de comprendre exactement précisément mes critères de grand timonier.

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La saison est compliquée aussi au niveau humain après ce retard au décollage sur le niveau de main d’oeuvre finalement réglé par Le Bon coin mais aussi un grand renouveau de tractoristes et l’absence de certains n’aidant pas à se mettre en position de leader de la pousse.

Là dessus se rajoute une grosse sortie de Mildiou sur feuilles, contrôlable par du rognage certes, mais inquiétante pour la tenue du feuillage qui devra être parfaite en particulier pour les parcelles gelées à 100%. Mais il est vrai, même si chacun a sa recette, au delà de 40 mm de pluviométrie on est forcément découvert en protection phytosanitaire. Alors oui du cuivre, du saule, des phosphonates, des pénétrants, des systémiques ou tout ce que l’on veut ne suffisent pas à être indemne de tout symptôme. Mais après tout, l’époque où l’on cherchait absolument à n’avoir aucune présence est bien révolue, l’important étant d’être sous contrôle pour que cela n’ait aucune conséquences sur la maturation finale.

Le matériel quant à lui ne chôme pas et entre rupture de direction, crevaisons, fuites hydrauliques ou roues avant qui partent en sucettes tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque en plus le sens de l’humour des grands Big foots reste intact…

Là aussi j’aurais tant à dire et à exprimer mais le sujet ne m’appartiens pas et ayant trop peur que cela se retourne contre moi en ces temps difficiles connaissant la puissance de feu de la tourelle en face de moi je vais laisser les gens spécialisés dans ce domaine s’exprimer pour moi. Reignyx quant à lui restera bien sage lui aussi je le tiens en sourdine malgré quelques jolies sorties qu’un jour peut-être je vous laisserai voir…

Un peu de calme, un peu de temps le soir tout de même pour enfin aller voir le dernier Klapisch, avec un faux départ il est vrai, c’est ça les salles de province les films à l’affiche ne sont pas présents tous les soirs, faut bien regarder les horaires et en ce moment, de toute évidence, je ne suis pas au top là dessus… Mais on a réussi à être dans le bon timing et je ne peux que vous pousser à aller admirer cette jolie histoire familiale mélangeant beauté du métier, sentiments forts et attachements terrestres que je comprends si bien. J’aurais aimé avoir ce scénario en tête pour en faire une BD… Un jour peut-être lorsque je serai plus original arriverai-je à imaginer quelque chose de similaire…

Un saut à la SOGEC pour une rotule de direction brisée et j’y croise un ami pas vu depuis un moment, même constat, même combats mais avec le sourire de celui qui sait que de toute manière nous ne sommes pour beaucoup que des porteurs de bidons cette année face à des athlètes viniféra au dessus de la mêlée.

Cette année 75 hectares à 6600 pieds par hectares pour 34 personnes en saison c’était pas possible pour rester devant, même si ce ratio, je le sais, reste certainement largement plus élevé que la moyenne locale la puissance de feu aurait dû être plus forte. Encore aurait-il fallu pouvoir la gérer et gérer les recrutements en conséquence…

Ce soir je me sens un petit peu cuit… Un peu las à me dire qu’en plus cette année la récolte va être précoce et que le temps de récupération sera certainement court… Et les vacances certainement revues à la baisse…

Remarque les vendanges à venir vont être tellement spéciales qu’on aimerait presque qu’elles soient éjà finies.

Nicolas.

Commentaires(1)


  1. Mais Donald est persuadé que ce n’est que du baratin….

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