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Voyages viniques…

16 septembre 2017 | Par Nicolas Lesaint

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Au début, au tout début il y eut la chaleur…

Autour de lui, autour de lui caressant une sensation, illuminant le noir, vagues de douceurs, marées de coton déferlant sur le silence du néant. Des flashs, des éclairs, foudre insonore capable d’éveiller du sommeil simplement par la couleur. Quelques chocs, des sensations, des contacts et toujours la chaleur pour seul lien.

Quand tout cela a-t-il bien pu commencer ? Qui à appuyer sur cet interrupteur invisible permettant l’arrivée de ces sen ? Le touché, l’ouïe, l’odeur, le goût, puis la vue. Le vers a grossi. La tête d’épingle a roulé sur elle-même créant le sillon, voyant se dessiner la colonne puis les nageoires. Le temps a agi comme dicté par un message silencieux, l’information a circulé, elle s’est avancée à pas lents et décidés refusant tout compromis. Ce sera là. Ce sera comme cela. Les pieds, les mains, les doigts sont apparus tandis que la tête se mettait en place. D’abord poisson puis oiseau merveilleux, il est allé plus loin vers un je ne sais quoi d’animal.

Toujours de la chaleur, toujours des caresses sur le flanc et l’espace qui se réduit pour davantage d’intimité avec son guide. Une forme repliée sur elle-même, une ile de fragilité et de douceur pendant que l’information circule déjà ancienne, très ancienne, tout arrive par flots. Les synapses s’ouvrent, les neurones reçoivent et accumulent l’histoire, les histoires de l’homme. Connaissances sombres instants magiques myriades d’univers il a vécu tous cela. Comme pour tous. Alors l’éveil se fait la magie opère et instantanément en un claquement de doigts en une accélération ventriculaire il tente une respiration du liquide amniotique celui-là même dont le goût le suivra éternellement. Un dernier soubresaut, une rotation habile, poings serrés, bras le long du corps la déchirure se fait… Alors, refoulé par le même corps qui le voulait à lui pour toujours, repoussé vers l’extérieur d’un univers agressif son visage écrasé par la force, sent déjà le froid. Il sent la déchirure, il hurle en silence toujours attaché au lien de sa mère, il subit… Une épaule, une autre alors que ses tympans se remplissent des hurlements de celle-ci, il entre dans ce monde pour voir son corps rouler dans des mains qui déjà le frottent et le secouent violemment. Ne plus sentir, ne pas entendre, refuser ces aiguilles de froid, retourner là où l’on était bien où le temps suspendu ne permettait qu’une léthargie douce et synchronisée avec les battements du cœur de sa mère.

Mais en un instant la bascule se fait, un réflexe, un message enregistré, une domination du corps sur la raison, il est trop tard les poumons se déplient brulant tout, infligeant une douleur si brutale que le hurlement vient. Le cri primaire, le son venu du néant et créé de l’acte d’un homme et d’une femme un soir, un matin, une nuit seuls dans un lit. Alors il suffoque, alors il boit à lourdes gorgées cet air dont il ne pourra plus se passer, il serre les poings prend conscience de son corps lève la tête et voit cette forme penchée au-dessus de lui.

Quelques secondes, quelques minutes il lutte, puis plus rien, l’effort l’a épuisé et l’emporte dans un sommeil réparateur comme il n’en connaitra plus.

Un autre flash, une autre histoire insérée dans l’espace-temps, une marque, une balise pour sa vie comme si l’aiguille d’un cadran géant partait en rotation dans son esprit pour stopper sa course sur des instants clés. Accélération incontrôlée, oscillations cérébrales, éclairs d’histoires il se pose là.

Une masse, une force de la nature, une bibliothèque vivante capable rien que par sa présence de vous emporter loin de l’endroit où vous êtes, s’approche de lui. Il lui prend la main et l’emmène en bas des escaliers de la maison. Ils traversent la buanderie près des paniers d’osier plus ou moins achevés. Il passe devant lui tire la porte de la cave et bascule l’interrupteur situé au plafond. Un bruit métallique, une lumière oranger, une odeur, des odeurs, de la fraicheur, une terre humide de la poussière le tas de sable avec les carottes et les patates sont là ils attendent. Au fond se trouve le rayonnage des bouteilles. A droite le tas de bouteilles vides avec son égouttoir métallique. Quelques araignées apeurées s’enfuient bien vite alors que Camille se gratte le front du bout de son pouce tout en soulevant sa casquette mitée. Il frotte bouscule repose et enfin sourire aux lèvres se retourne vers lui et le regarde. Vainqueur il a choisi le trophée à remonter.

Sans un mot il lui reprend la main éteint la lumière et referme le temple. Alors il le suit alors il regarde sa main droite les cicatrices les poils blancs qui couvre ses avant-bras je lève la tête et il essaye de l’imaginer traversant la France lors de la grande débâcle de39. Il le voit enfant de ferme à sept ans, il le sait plus tard seul à gérer une exploitation entend son père lui en parler, il sait que son ainé lui a déchiré le cœur en disparaissant trop jeune, il voit ses rides, ces années dures que du haut de ses dix ans il ne peut comprendre.

L’escalier est monté doucement alors qu’en haut ça rigole et sa parle fort sur la terrasse en attendant qu’ils arrivent.

Un tire-bouchon, une bouteille à écusson sur son flanc de verre, des verres pieds droits et longs une table de fer des chaises de jardin et des amis buvant du vin et lui au milieu de ces hommes piliers de son histoire. Les visages se déforment, les yeux se plissent il se met à voler au-dessus de la table devenant l’observateur de sa propre personne, quelques brasses et le voilà navigant au sommet des toits côtoyant les corneilles et entendant roucouler les tourterelles d’en bas. Un peu de vent faisant rouler vers lui des nuages de pluie et les odeurs de bitume humide, il tourne la tête et retombe dans le néant…

Encore une rencontre, une autre, une peur une terreur l’obligeant à courir hors de ce couloir sans réussir à décoller ses jambes du sol, il veut frapper, il veut crier mais rien ne sort de sa bouche. Alors il revoit son visage alors il rougit de plaisir et se retourne pour de nouveau voler puis plonger dans l’océan, il est libre de vouloir, il est ivre de pouvoir sentant déjà son corps s’étirer vers le bas pour revenir dans le monde d’en bas. Il tente de résister cherchant à retrouver Camille mais le corps est plus fort et lui sait déjà qu’il doit revenir pour retourner, là, dans son lit, recouvert de sa couette, cocon de rêves, nid de possibles.

Un brouhaha, une voix se met à lui parler, elle lui chante plutôt les nouvelles d’un monde qui est le sien. Paupière levée, retour à la réalité…

Alors lui retombent dessus ses soucis, ses peurs, sa journée à venir avec l’irrépressible envie de replonger dans l’abime de ses rêves. Couette repoussée, bascule du bassin amenant les jambes sur le bord du lit, l’âge le fait se redresser en poussant sur ses bras pour compenser la lancinante douleur de ses reins et la « douce » brulure sciatique de sa jambe droite. Redressement du dos le regard perdu entre les persiennes des volets déjà en train de chercher à comprendre s’il a plu cette nuit. Trajectoire glissée le long des lattes craquantes, évitant le bruit, ouvrant et refermant en douceur la porte, la salle de bain est à lui. Une préparation rapide mode chat de gouttière une descende habile des escaliers de pierre, un café, une tranche de brioche et il est dehors.

D’un coup d’oreille en refermant la porte d’entrée tout en empêchant les chats de rentrer le ronronnement d’une machine à vendanger l’enveloppe lui racontant déjà que d’autres se sont levés plus tôt encore. La course a commencé, il connait cela par cœur, les embauches à 3h du matin les ouvertures de chantiers trente minutes plus tard, le grand manège des bennes et au bout de quelques jours la fatigue tellement plus forte que vous vous endormez n’importe où, n’importe quand, même pour dix minutes. Cela suffit à tenir le soir jusqu’au moment où le corps abruti vous lâche au bord de votre chaise dans un ronflement de tambour.

Tout en écoutant il rentre dans sa voiture tourne le contact, démarre et part dans le noir avec juste les lampadaires et ses phares comme guides. Comme hier les infos, la météo, il fait la synthèse entre ce qu’il entend et ce qu’il a vu sur son téléphone, il est là et plus là, déjà loin, rendu avant sa voiture là où la route va l’amener. Vol spatio-temporelle lui permettant déjà de préparer son arrivée.

Il arrive alors que le ciel est encore noir, il arrive accompagné d’une fraîcheur humide. Il repense à ce qui s’est passé hier, les jours de cueillette, le raisin qui rentre, celui-là issu de ce coteau mis ici dans cette cuve-là bien loin de la porte au chaud pour pouvoir la surveiller de près. Il voit les remontages déjà effectués, il pense à hier lorsqu’il a éteint la lumière…

Il met la clef dans la porte, la tourne et entre dans son chai, un peu fébrile et craintif du dedans…

Comme un réflexe automatique sa main droite se lève à mi-hauteur alors que sa tête penche à gauche. L’interrupteur bascule et la lumière se fait. D’abord blafarde elle monte doucement au fur et à mesure de la chauffe des filaments. La cave lui apparaît, enfilade de cuves inox, béton, bois et même quelques garde vins en fibre de verre. Déjà les odeurs sont là et envahissent ses narines qui automatiquement se dilatent et analysent les messages alors que surgissent les souvenirs… Sensations physiques de revivre des moments passés entre ancien et présent entre vécu et à vivre, il avance.

Ses mains se lèvent et frottent la surface des cuves pleines. Comme un ébéniste les informations cette fois-ci circulent par la peau, ouvrent les synapses qui transfèrent aux synapses voisines le niveau de température du vin qui fermente. La chaleur douce réchauffe ses mains, atteint son poignet et déjà l’autre main se met à frotter sur la gauche. Comme caressant en douceur le ventre de sa femme il se met à palper, à sentir pour voir si cette chaleur est vraiment uniforme sur toute la hauteur du contenant. Un peu trop chaud ici, un peu trop froid pour celle-là qui est en pleine fermentation…

Alors il agit…

Attrapant sa pompe et son bac de remontage, il ouvre la vanne du bas et commence à remonter la cuve. Alors se fait la synchronisation du niveau d’ouverture de la vanne en fonction du débit de la pompe pour que le niveau soit bien là, à dix centimètres du bord et pas plus. Un coup d’œil en haut pour vérifier que le tourniquet marche bien, il arrose, il extrait et refroidit en même temps.

Abandonnant cette partie du cuvier, il allume le chai à barriques pour commencer à s’occuper de ses vinifications en barriques. Oui cette année il a voulu essayer, il s’est demandé tellement souvent ce que cela donnerait sur ses raisins du Plateau. Alors voilà, cette année quatre barriques à rouler, quatre mini cuves à s’occuper en un ballet rotatif le long de ses vieux tains en bois. Pas une épreuve de force mais quelque chose de plus à intercaler dans les activités habituelles. Un je ne sais quoi de nouveau et d’excitant qui pimente ce millésime. Alors il bonde, un à-coup en arrière puis une rotation rapide, deux tours complets puis il débonde admirant la pression qui sort lui donnant déjà une indication sur la dynamique de fermentation… Ses oreilles frissonnent, le bruit au fond du cuvier a changé alors il court et traverse le chai en quelques enjambées pour fermer d’un quart de tour la vanne de la cuve qui menaçait de déborder du baquet.

Entre temps, Martin est arrivé.

Martin c’est le petit jeune qu’il a pris pour l’aider cette année parce qu’aujourd’hui, ses bras et son dos ne sont pas aussi vifs qu’avant. Les décuvages et le travail à la vigne ont eu raison de ses disques lombaires désormais il le sait il faut l’aider.

Aujourd’hui on rentre du raisin, aujourd’hui est un grand jour c’est celui de la pièce du Noyer. Celle-là il l’aime, celle-là il en est fier, pourquoi en fait il ne le sait pas vraiment mais comme tout viticulteur il existe au moins une parcelle qui sentimentalement est au-dessus des autres. Un je ne sais quoi d’imaginaire, un soupçon d’amour un peu plus fort et quoiqu’il arrive toujours celle-là sera mieux que les autres. De toute manière chaque année c’est son cœur de cuvée donc aujourd’hui tout doit être au mieux du mieux pour recevoir la belle.

Martin sait déjà quoi faire, où aller, comment s’organiser, alors il fait… D’abord lavage à grandes eaux de l’érafloir et de la table de tri puis désinfection de l’ensemble puis on rince de nouveau pour laisser l’ensemble s’égoutter le temps que la première remorque arrive.

Pendant ce temps il est parti dans la vigne, pendant ce temps il a reçu tout le monde et a donné ses directives, courant de l’un à l’autre montrant, prenant un sécateur, coupant lui-même et nettoyant les grappes des quelques baies abîmées qu’elles contenaient. “Porteur, on appelle le porteur” et vide tes paniers dans la hotte et vide la hotte dans la remorque…

Un porteur pour trois coupeurs et six coupeurs en tout. Alors le chantier avance doucement… A dix heures la première benne arrive au chai. La bascule se fait, doucement et l’érafloir rentre en action. Une main sur la bête pour ressentir ses vibrations, une autre sur le variateur, il règle la vitesse de rotation de l’engin appréciant d’un œil expert les rafles qui tombent et les quelques baies restant dessus. Il trouve l’équilibre arrache une baie restée accrochée, la goûte, la crache, c’est bon on y va !!

Alors rentrent en action les petites mains qui piochent à droite, à gauche, enlèvent ce bout de rafle, cette baie éclatée, ce pétiole rebelle venu de je ne sais où, cet escargot voyageur chahuté dans son réveil et qui ne demande qu’à partir. Il cale la vitesse du tapis, il réoriente la sauterelle qui déjà fait tomber en cascade les baies dans la cuve, il lance la pompe qui sépare les jus d’égouttage. Il écoute, il regarde, il voit, il entend, il fait vibrer ses sens tout en lançant une bonne blague aux femmes qui trient.

Et si pour une fois il gardait des rafles. Et si pour une fois il écoutait son instinct qui lui dit que ces rafles rouges si rares à avoir, il doit en garder un peu. Alors il adapte sa façon de travailler, alors il change ses habitudes, alors il se fout de ces regards de travers des femmes lorsqu’il leur explique son idée et puis il le fait c’est tout, c’est comme ça, ça ne s’explique pas.

Une benne, deux bennes, trois bennes et déjà l’après-midi s’avance. Il sort du chai, regarde le ciel gris, téléphone, encore une demi-benne et l’on arrête pour aujourd’hui, le cœur sera là, il sera rentré et pourra battre dans le chai, l’année sera gagnée. Du moins dans son cœur de maître de chai.

Encore quelques tours de sauterelle, encore quelques centimètres à remplir et la cuve est prête. Alors les femmes arrêtent, alors elles se lavent les mains et partent dans un piaillement de tous les diables qui n’a pas cessé aujourd’hui. Maintenant il sait, maintenant il est au courant de tout… Du moins de toutes les histoires du village…

Il retourne à sa cuve l’admirant du haut de son chapeau, humant ses arômes de fruits rouges, l’imaginant déjà sur la fin, en pleine macération quand il devra décider du moment où il faudra s’arrêter.

Pendant ce temps Martin nettoie, démonte, secoue, arrose et répare une épingle du tapis à bande qui menaçait de lâcher. Un coup de graisse pour demain et il arrive dans le chai à barriques pour la dernière rotation de la journée.

Le binôme se parle, se comprend. Pas besoin de grandes phrases, pas besoin de longues explications, les automatismes se sont bien vite instaurés… Et si, et si c’était ce petit là qu’il pouvait garder pour plus tard…

Encore un remontage, encore un pigeage, une main qui frotte, un peu de chaud ici du froid là…

Déjà 21h…

Martin s’en va. Alors lui reste, seul, pour les dernières actions. Retardant au maximum ce moment où il va devoir les laisser seules, les abandonner pour quelques heures à leur activité fermentaire, à leur extraction, à leur bon vouloir…

Il s’approche de la porte, la main gauche atteint l’interrupteur et le bascule vers le bas alors que dans un dernier réflexe son regard cherche encore à capter un oubli, un je ne sais quoi à faire avant de s’en aller.

Le noir se fait, la porte se ferme et il s’éloigne tête basse, dehors mais encore dedans, il pense, il imagine, il rêve, il vendange dans sa tête, il construit son vin en imaginaire alors que ses pas connaissant par cœur le chemin l’amènent doucement vers sa voiture.

Il démarre, regarde encore une fois ce chai noir et se veut déjà à demain. Il s’en va, allume la radio, revient dans la vraie vie, celle des autres et de leurs soucis, comme un sas de décompression redescendant sur terre dans la lumière des phares qui éclairent la route il se surprend à s’imaginer dans un chai lunaire éloigné de tout sauf de la passion de celui qui aime sa Terre.

La route est vite avalée incapable qu’il est de pouvoir se rappeler le nombre de voitures qu’il a croisé. A-t-il bien marqué les stops au fait ? Le corps dans l’habitacle, la tête ailleurs tel un zombie il arrive dans sa rue. Marche arrière pour rentrer le long de la voiture de sa femme.

Les chats accourent queues dressées réclamant leur dû, une caresse, une parole ils modulent. Toujours un ronronnement dans la campagne… D’autres continuent le manège.

Il entre en silence chaussures à la main, blouson jeté sur une chaise, seul le salon est allumé. Dans la cuisine trône sur le dossier d’une chaise une feuille de papier. Il allume… Alors il se voit, un dessin, un portrait de lui, cheveux long, yeux bleus, mal rasé pas de doute c’est bien lui d’autant plus qu’une flèche orientée vers ce visage explique clairement « PAPA »… Un petit mot posé devant lui parle : « Tu n’es pas là mais tu vois ce soir tu as mangé avec nous… je t’aime tu nous manques». Son ventre s’écrase, son cœur s’emballe sa gorge se serre et les larmes montent entre fatigue et émotion il se met à pleurer. Appuyé sur la table, secoué de soubresauts il se vide de sa tension et prend conscience du vide que provoque toujours cette période de l’année. Dégâts collatéraux qu’il faudra rattraper après, plus tard, lorsque l’on aura un peu plus de temps à offrir aux proches. Mais en attendant il n’est pas le seul à souffrir de l’absence et dans une vague de culpabilité il se précipite dans l’escalier manquant à deux reprises de s’affaler oubliant les marches à éviter, arrive sur le palier à pas glissés, pousse la porte et descend dans la chambre pour un baiser volé à une enfant voguant dans les limbes de ses rêves. Une chaleur, une odeur, un je t’aime, bien assez pour réussir à repartir demain matin.

La douche, dans le silence, encore quelques pensées, toujours quelques idées et puis il éteint.

Retour dans la chambre, voyage dans le noir, toujours les mêmes lattes, encore les mêmes craquements et la prudence du loup pour ne pas réveiller sa louve. Alors il se glisse sous la couette, alors il rampe contre le corps de l’autre qui se fond contre lui. « Ca a été ? » « Oui, oui tout va bien dors, dors mon amour ».

Il ferme les yeux, il rouvre les vannes attendant avec impatience le moment où son cerveau décidera de le laisser voyager sans savoir où il l’amènera. Certainement dans son enfance, probablement avec son grand père. L’étau du sommeil se referme sur lui, il n’entend déjà plus le souffle de sa femme.

Un premier éclair, un deuxième, un dernier soubresaut pour franchir le seuil, ça y est, il part, il s’envole, il s’envole…

Nicolas.

Commentaires(4)


  1. Vous n’avez pas respiré que des odeurs de vendange dans les cuves…
    C’est incompréhensible !!!


    • Socrate est bien connu pour ne pas avoir laissé d’écrits..

      Si c’est incompréhensible pour vous, c’est un bonheur à lire pour d’autres…
      Retournez dans votre caverne. :-)


  2. A chacun sa sensibilité à chacun sa compréhension du moment, vivez plus l’instant et vous comprendrez


  3. Bonjour
    Merci d’exprimer avec autant de talent toute la passion que vous procure votre travail.
    Bravo et courage.
    Sincères Salutations.
    Stéphane.

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