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Jérôme, Jérôme, Jérôme…

17 janvier 2018 | Par Nicolas Lesaint

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La tendance actuelle est claire, elle est aussi porteuse d’intérêts financiers pour ceux qui surfent sur sa vague diabolique. Elle vous soulève vous emmène un temps au dessus de la mêlée vous donnant certainement une aura médiatique qui doit faire vibrer des ego démesurés. Un article, une interview, une émission en prime time, un livre, quoi de mieux pour enfin espérer avoir son moment de gloire ? Et tant pis si la bêtise l’emporte sur la rationalité du sujet défendu, c’est gagné on y est, on est sur l’estrade de la gloire, on affirme son appartenance et on existe dans l’univers du buzz…

C’est certainement ce que Jérôme essaie de faire aujourd’hui, à sa manière… Voulant donner son petit coup de poing à lui au bout de ses petits bras musclés, il a écrit un livre, que dis-je il a écrit LE livre… Alors maintenant il faut préparer sa sortie et jouer du teasing histoire de donner l’envie de se ruer sur l’ouvrage admirable pour que brille l’aura médiatique. Donc une interview… Ah oui, suis-je bête j’ai oublié de vous donner le titre de l’ouvrage scientifique abordant LE sujet d’actualité de la profession que j’ai choisi: ” Les pesticides sont devenus des ingrédients du vin” (de Jérôme Douzelet)

Le garçon s’est posé la question de savoir quelle est “l’odeur des pesticides”… J’ai envie de dire ouvre un bidon de Rotenone de folpel, de cymoxanil ou un sac de soufre, respire à fond et tu sauras… Mais je ne voudrais pas que l’on m’accuse d’avoir voulu empoisonner l’animal chose que la bestiole en question ne s’est peut-être pas retenu de faire si j’en crois les quelques phrases de cette interview que l’on peut croiser un peu plus loin.

Pendant deux années il a fait goûter des pesticides (lesquels ? mystères vous le saurez en achetant l’ouvrage…) dilués dans de l’eau à des doses identifiées dans des vins… Pour faire quoi en fait ? S’habituer ? S’immuniser ? Nan vous pensez bien, pour pouvoir les retrouver dans des vins à leurs doses d’analyses, de traces, des doses que seules des machines ultra-perfectionnées sont capables de trouver. Mais Jérôme lui le sait, il le pourra. Et Bingo, c’est gagné.

Déjà faut en vouloir ou être très maso pour passer deux ans à prendre sa cuillère de pesticides quotidienne mais la science méritant quelques sacrifices hop hop hop on y va et testant directement le Glyphosate, ben oui il le faut c’est LE pesticide racoleur du moment, et je  vous le paie Emile: “le glyphosate ça brûle ! Il vous bloque les papilles et vous brûle de façon persistante en bouche. Je l’ai testé sur des doses montantes et, au final, j’ai eu la bouche brulée pendant trois semaines”…. Non mais franchement, Jérôme, ça va pas bien? Tu bois du Round-up là quand même et tu découvres que ça fait mal. Ah oui, je suis bête tu en as testé d’autres : “d’autres pesticides provoqueront des barres au front qui arrivent tout de suite, quasiment dès l’ingestion”… “D’autres ont des goûts de bonbons chimiques grossiers”…. Va vraiment falloir m’expliquer l’intérêt de tout ça si ce n’est remplir tes urines de résidus ou voir friser tes cheveux par tant de stupidité.

Jérôme nous dit “avoir trouver des résidus 11 000 fois supérieurs à ceux autorisés pour l’eau”, j’espère pour toi que ce n’est pas ces doses qu’il a testé parce que là ça ne m’étonne pas que ça te pique la langue au bout du quinzième résidu testé…

Mais je crois que ce que je préfère, c’est quand même le moment où tu nous expliques que l’exercice fut compliqué puisque “tu as comparé ces pesticides avec les arômes naturels présents dans les vins”. Déjà je ne vois pas le rapport, mais en plus voilà que tu nous apprends que ces mêmes pesticides ne sont rien de plus que des arômes fossilisés proches des arômes naturels”. Tu m’as fait peur, un moment, j’ai cru que les pesticides pouvaient avoir une toxicité quelconque, comme quoi ces pesticides, tu nous le dis, sommes proches des produits naturels ça je le prends comme une bonne preuve de tes connaissances scientifiques et donc de la recevabilité de tout cela.

Je suis donc, tu le comprends bien Jérôme très impatient de pouvoir décortiquer le plan statistique que tu as dû mettre en place pour que toute cette étude de haute voltige soit indiscutable et indiscutée par les ignorants que nous sommes. Certainement auras-tu dans cet ouvrage à venir des réponses très très intéressantes et beaucoup plus responsables que ces réponses que tu as données lors de cette interview… Mais j’en doute un peu à vrai dire, à mon avis j’ai bien peur que tout cela ne soit qu’une tentative d’exister dans un milieu qui de toute évidence ne te concerne pas suffisamment pour te donner l’ombre d’une compétence dans ce débat que nous avons déjà tous pris à bras le corps. Nous avançons, nous travaillons sans chercher à faire le buzz ou à être hypocrites envers les personnes qui boivent nos vins. Tu dis aimer les vins, je te crois plus amoureux de ton existence médiatique et ça, malheureusement, ça n’aidera pas la viticulture de demain.

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. Rhoooo…comme si les seuils de détection dans l’eau étaient les mêmes dans le vin. Maaaaan Dieu quelle triste époque nous vivons.


  2. Merci et bravo

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