Le blog

de REIGNAC

Shares

2018 c’est du bonheur!!

25 septembre 2018 | Par Nicolas Lesaint

42491618_1141467879338921_8794874681720045568_n

Décoller et voler au milieu d’un millésime de fou dans lequel les turbulences auront été telles que bon nombre de viticulteurs ont tout perdu. Se faire secouer dans tous les sens, toucher du doigts les limites d’un système viticoles condamné à désormais en voir de belles chaque année, la peur du gel car nous serons maintenant on le sait précoces chaque année, les printemps pluvieux et chaotiques et les étés brûlants. Vivre et cultiver au milieu de tout cela pour au final se retrouver embarqué dans des vendanges de fou. Pas de ces vendanges folles où vous courez partout, où l’urgence reste le leitmotiv quotidien parce que la météo change n’offrant que quelques créneaux qu’il faut savoir aller chercher avec les dents ou parce que le barbu est là et s’acharne à tout manger avant que vous ayez réussi à couper vos grappes. Non, pas fou comme cela, ce serait plutôt une folie douce, chaude, agréable, de celle qui vous réchauffe le cœur et vous font oublier les conditions de ramassages de 2013 ou le casse tête incroyable de 2017. 2018 est beau, 2018 est incroyable, d’un état sanitaire stable, d’une maturité qu’il nous suffit de choisir, là, maintenant, quand on la veut. Avec ce sentiment ancré au fond de moi que cette année de toute manière personne ne se trompera parce que c’est bon. Certes on aura des styles différents, ceux qui auront souhaité démarrer très tôt privilégiant le croquant du fruit rouge, ceux voulant rentrer un peu plus dans la puissance et puis ceux recherchant à tout prix une puissance démonstrative. Et au milieu se positionnera le fruit. Certainement un peu cuit dans quelques cas, le terroir parlera, mais outrageusement frais malgré tout, c’est je pense ce qui me marque le plus sur ces merlots que l’on rentre en ce moment. De verdeur il n’y a pas, les peaux sont épaisses, oui, mais craquantes si l’on sait être patient. 2018 sera un beau millésime en cuve. Les acidités seront à surveiller de très près, année chaude oblige, il y aura du soleil, il y aura de la sueur et de l’adrénaline mais indubitablement il y aura de la générosité. A nous désormais de nous imprégner de tout ça pour le glorifier au mieux de ce que l’on souhaite faire. Travailler un peu plus en délestage non pas pour extraire mais plutôt pour déstructurer posément, lentement, en ré-humidifiant sans éclater, laisser faire, agir de façon parcimonieuse, goûter et écouter ce que le millésime nous dit.

Bientôt les premières cuves seront lâchées et l’on découvrira cette année les tendances de ces cinétiques fermentaires qui vont déterminer notre manière de travailler les marcs. Est ce que comme en 2017 nous n’aurons jamais à enclencher le froid sur la moindre cuve une fois que la fermentation aura débuté ou au contraire faudra-t-il les contenir en permanence pour réussir à travailler au maximum les marcs en phase aqueuse?

42517300_1141738552645187_6854207903889358848_o

Déjà le cuvier se remplit des arômes de fermentation des Blancs. Les Sauvignon gris et les premiers sauvignon blancs frisent avec des densités proches des 992, on peut goûter sans être gênés par les sucres et se rendre compte des premiers équilibres. C’est gourmand, c’est pamplemousse, c’est agrumes, c’est top.

Aujourd’hui c’est la machine qui démarre, pour la tester, parce que je sais bien que même révisée de près la première journée reste toujours problématique avec souvent des enchaînements de pannes qui laissent peu de temps à l’oisiveté. Pourtant la journée fut agréable. Oui, évidemment, les pannes sont arrivées au galop, oui le dépanneur est passé et l’on a été arrêtés un bon moment. Mais au final ce sont 2.5 ha de plus que l’on a rentrés.

Et deux fois cinquante litres de vin orange 100% sémillons… ;-)

Demain, mercredi, c’est le jour des enfants… J’essaie, en général de ne pas vendanger à la main ce jour là qui en général reste compliqué en terme de présence… Parfois 30% d’absentéisme difficile à compenser. Mais cette année tant-pis on y va, on verra bien ce que ça donnera. Profitons-en quand même encore un peu l’état étant en bonne voie de faire disparaître les exonérations de charges sur les contrats saisonniers (ICI) la question de la rentabilité d’une main d’oeuvre non mécanique va devenir de plus en plus pesante sur nos épaules au risques de passer une fois de plus pour des destructeurs de tissus social. Mais que voulez-vous? Que faut-il faire? Continuer, oui nous le pouvons, nous, mais ce n’est pas avec nos 77ha que nous pourrons sauver le système. Comme s’il y avait quelque chose de pourri au royaume de France, comme si la volonté de rentabilité nationale devait passer systématiquement par une liquidation d’une certaines catégories de travailleurs. Et quand ils auront disparus, que feront nous? Quels bras prendrons nous pour cultiver nos parcelles? Des CDI? Mais qui pourra supporter cela? Pas les “petits” Bordeaux c’est certain…

Le premier lot de Balthus quant à lui est prêt à être entonné demain, rendez-vous en début de matinée pour voir tout cela dans un FBLive. Derrière, ce sont les premières cuves qui seront lâchées, ça sent bon le remontage et le délestage à venir. Arrêtons de penser à 2019 et ses troubles sociétux à venir, 2018 est là et c’est du bonheur, c’est déjà ça!!

42467486_1141738775978498_6401894933623472128_n

Nicolas

Commentaires(1)


  1. Hello my friends
    look at my pictures http://catcut.net/Czvw

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :


  • Contact
  • Boutique
  • Vidéos
  • Blog
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Youtube
  • Instagram
  • Tripadvisor